Facebook Twitter Gplus YouTube E-mail RSS
magnify
formats

Forge d’Iaïto – Visite chez Minosaka (2/3)

Publié le 3 septembre 2010 par Jordy Delage dans Fabrication (artisanat)

Visite chez Minosaka – Forge d’Iaïto (2/3)

2e partie : Fabrication d’un Iaïto


Logo/Bannière de la forge Minosaka

Après notre petite interview de M. Wakihara, que vous avez pu découvrir dans la première partie, M. Sawaï, responsable technique depuis 12 ans, nous a détaillé toutes les étapes de fabrication des iaïto. Nous allons essayer, photos à l’appui, de retranscrire ces explications du mieux possible. Nous allons donc vous présenter la fabrication d’un Iaïto en trois grandes étapes, polissage, dépolissage et assemblage .




§ Polissage de la lame

Les lames « bruts » sont livrées en l’état par une fonderie. Le premier travail de l’atelier consiste en une série de polissage pour donner à la lame un aspect brillant. Pour les lames brut, et contrairement à d’autres fabricants, le procédé de « Die Casting » n’est pas utilisé (procédé industriel permettant la fabrication en grande quantité pour une qualité moindre).

Les 4 premières étapes du polissage

Les étapes 4 à 8 du polissage

La lame à l’étape 1 montre une lame telle qu’elle est livrée à la forge par la fonderie. La longueur et la présence d’une gorge sont décidées à l’avance. Pas moins de 7 étapes de polissage sont nécessaires pour passer de cet aspect grossier à une lame parfaitement brillante si proche de l’apparence d’un shinken. On utilise d’abord une meule pour « dégrossir » (photo en bas à gauche) puis on passe ensuite à un polissage successif avec différents disques à polir (photo en bas à droite), grain 60, puis 100, 180, 240, et enfin 400 (Image 3 à 7). Pour l’intérieur de la gorge, il existe des disques fins. On passe enfin à un traitement de surface avec un produit chimique qui a pour effet d’augmenter la brillance de la lame (image 8).

L'artisan polis la lame de l'iaïto


§ Réalisation du Hamon par dépolissage

La lame passe ensuite dans la pièce d’à-coté pour la réalisation du hamon par « dépolissage ». Avant de réaliser le hamon en lui-même, il faut dépolir légèrement du dessous de la gorge jusqu’au fil de la lame, puis Il s’agit simplement de placer un patron, puis de « dépolir » à nouveau niveau de la lame pour réaliser le hamon. Il existe plusieurs centaines de patrons (photo ci-dessus à gauche), de cette façon, deux hamon « midare » n’auront pas toujours exactement la même forme.

Patron déposé sur la lame pour réalisation du hamon

Hamon par Dépolissage


§ Fixation du Habaki

L’étape suivante consiste à travailler le nakago pour placer le Habaki : c’est l’étape la plus difficile. Il faut raboter le nakago sur une meule (les deux photos ci-dessous) de façon à ce qu’il accroche le habaki.

Ensuite, on donne quelques coups de marteau au habaki pour lui donner la forme exacte qui permettra de le fixer sur la lame. Puis on passe un coup de papier de verre sur le habaki (photo ci-dessous à gauche) pour effacer les traces du marteau et lui donner la finition souhaitée. Enfin on sculpte le design du habaki (shonai, yoji…). Il ne reste plus qu’à l’enchâsser par le nakago et lui remettre délicatement quelques petits coups de marteau pour qu’il soit définitivement fixé.

Polissage du Habaki

Avant & Après

La lame étant terminée, elle arrive dans la pièce principale de l’atelier ou sont assemblés et stockés tous les iaito. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, ce n’est pas l’étape la plus facile. En effet, il faudra veiller à ce que l’arme soit parfaitement bien montée car la moindre erreur pourrait avoir des conséquences dramatiques pour le pratiquant qui utilisera l’arme. En effet, même si la lame n’est pas tranchante, le duraluminium est extrêmement solide et le kissaki (pointe) est si bien arrangé que l’arme pénétrerait la chair humaine très facilement. On commence par vérifier la lame : pas de déformation, pas de choc… c’est bon, on peut assembler !

§ Assemblage de la Tsuba et de la Tsuka (koshirae)

Assemblage de la lame - Seppa

Mise en place de la Tsuba

On ajoute tout d’abord un premier « seppa » puis la tsuba, selon le choix du client. La tsuba reçoit quelques coups de poinçon (photo ci-dessus à droite) pour la faire correspondre parfaitement à la largeur du sabre, puis elle est fixée solidement à coup de marteau. Pour la retirer, il faudra un outil spécial si l’on ne veut pas abimer le sabre (ci-dessous)

Outil de retrait de Tsuba

Les tsuka sont livrées par un atelier spécialisé, et comme les lames sont de dimension standard, les tsuka sont interchangeables. On prend donc une tsuka correspondant au choix du client (menuki, couleur et matière du tsukahimo et longueur), et il ne reste plus qu’à l’adapter. Pour cela, on colle de manière successive des petits morceaux de feuilles de bois fin à l’intérieur de la tsuka (que vous pouvez appercevoir en agrandissant la photo de gauche ci-dessous) jusqu’à ce qu’elle soit parfaitement calée.

Verification de l'assemblage

La dernière étape, c’est le perçage du mekugi-ana (photo de gauche ci-dessous). On perce ce trou une fois la tsuka en place pour être certain que le trou sur la tsuka et le trou sur la soie soient parfaitement alignés. Il est possible de percer droit, mais également de travers si le client le demande (le démontage devient alors quasi-impossible).

Outil de perçage du Mekugi-ana

Iaïto en phase d'assemblage

Le sabre est fin prêt, on fait quelques petits tests pour vérifier que la lame n’est pas abimée, pas déformée, et surtout bien assemblée, et il ne reste plus qu’à lui trouver une saya.
L’arme est prête ! Elle est emballée, et hop, direction les locaux budoexport pour subir un contrôle qualité approfondi. L’emballage est ensuite renforcé par nos soins pour permettre un transport à l’autre bout du monde sans risque pour votre Iaïto.


Et voila, la visite est terminée. Comparé à beaucoup de leurs clients japonais nous ne sommes qu’un petit revendeur, cependant, cela ne les a pas empêché de nous accueillir chaleureusement. Tous les employés de la forge nous ont accordés de leur temps avec le sourire, heureux de partager leur savoir-faire. M. Wakihara a eu la gentillesse de nous offrir un petit souvenir (des gâteaux de spécialité régionale). Nous les remercions du fond du coeur pour leur accueil, leur efforts et leur gentillesse.



Le site internet du fabricant (japonais)
Vous retrouverez les Iaïto Minosaka en fabrication sur mesure sur BudoExport.com (quelques modèles sont en stock!)




 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>

© www.budoexport.com - tout droits réservés BudoExport LLC.