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Le Nippon Kempo – Présentation (1/2)

Publié le 15 janvier 2011 par Jordy Delage dans Arts martiaux, Nippon Kempo

Présentation du Nippon Kempo (1/2)

Première partie : Origines & présentation technique


Tournois de nippon kempo au japon

Depuis la mise en ligne de la rubrique Nippon Kempo sur BudoExport.com, nous avons remarqué une que beaucoup de visiteurs semblent y consacrer quelques clics à la recherche d’ informations. Exceptés quelques renseignements sur la nature de l’équipement lui-même, la visite de cette rubrique n’a malheureusement pas du vous être très instructive. Il faut bien avouer que dans l’équipe non plus, nous n’étions pas très familiers avec cette discipline. Suite aux requêtes de plusieurs de nos visiteurs, nous avons décidé de proposer ce matériel malgré un nombre de pratiquants limité en France. Puis les choses ont évoluées, BudoExport est devenu fournisseur officiel de l’Union Française de Nippon Kempo (Kyokai) et partenaire privilégié des deux groupes « Renmei ». Nous en savons maintenant beaucoup plus sur cet art, il faut le dire, impressionnant, et avons eu l’occasion d’assister à deux compétitions dans le courant du mois de novembre 2010. Nous vous proposons donc cet article en deux partie retraçant l’histoire du Nippon Kempo au Japon, son implantation en France avec une brève description de chacune des deux écoles représentées en France : l’école Kyokai et l’école Renmei, ainsi que deux vidéos-montages des compétitions auxquelles nous avons assistées.


§ Présentation du Nippon Kempo ?

« Nippon Kempo », « Nihon kenpoh », « Nippon Kenpo », il existe une certaine confusion au niveau de la prononciation et de l’orthographe de cette discipline c’est pourquoi nous allons essayer d’éclairer vos lanternes sur ce sujet avant toute chose. Il s’agit en fait de nuances résidant d’une part dans la lecture de caractères sino-japonais (kanji) qui varie de manière contextuelle, et d’autre part de transcription de phonèmes japonais-français. Les caractères sino-japonais signifiant Japon peuvent ainsi se lire de deux manières : nihon et nippon. On trouvera simplement à la prononciation « nippon » un caractère plus solennel, que « nihon », employé de manière plus banale. Ensuite, concernant l’ambiguïté kempo/kenpoh, il s’agit tout simplement d’un problème de transcription japonais-français et de prononciation « à la française » ou non. Dans nos bureaux en tout cas, le débat est lancé ! Pour résumer tout ça et parce qu’on aimerait bien vous garder la tête fraiche pour la suite de l’article, on restera sur Nippon (c’est un art martial, les japonais utiliseront le mot le plus solennel pour le nommer) et Kempo pour rester simple. Il peut tout de même arriver que vous trouviez ces 3 graphies sur notre site. Nippon, vous l’aurez compris signifie tout simplement « Japon », et d’autre part, Kempo, composé du kanji du « poing » et du kanji pour « méthode », « Nippon Kempo » signifie donc très simplement « Méthode du poing du Japon ».


§ Histoire du Nippon Kempo

Le Nippon Kempo est un art martial japonais fondé en 1932 par Sawayama Masaru Muneumi Sensei (1906-1977), descendant d’une famille de samouraï du clan Nakaoka. S’inspirant de son expérience en judo (Kodokan), Karate (Shito Ryu) et Jujutsu, il créa cette nouvelle discipline de « méthode du poing » en y incluant outre les Atemi Waza (techniques de frappe poings et pieds) des techniques complémentaires. S’ajoutent ainsi le Nage Waza (techniques de projection), le Kansetsu Waza (techniques de luxation) ou encore le Shime Waza (techniques de strangulations) parmi d’autres, mais également un travail au sol et des katas. Il enseigna le Nippon Kempo dans son école à Osaka, la Dai Nippon Kempo, et cet art fut plutôt bien accueilli lors d’une démonstration publique en 1936. Dès lors, il ne cessa de travailler à l’élaboration de ses techniques tout en s’engageant comme officier volontaire dans l’armée. Alors qu’il fut mobilisé en Chine lors de la guerre Sino-Japonaise, il fit évoluer de nouveau son style en s’inspirant directement des arts martiaux chinois en adaptant plus de souplesse à ses techniques et en donnant plus d’importance aux mouvements circulaires. Au sortir de la guerre, le Japon affaiblit trouve peu d’intérêt pour les arts martiaux et la pratique du Nippon Kempo redémarre difficilement. C’est en 1953 que le Nippon Kempo va enfin sortir de l’ombre. Lors d’une démonstration dans la capitale nippone avec 70 de ses élèves, le spectacle impressionna le public Tokyoïte. Très vite les universités encouragèrent et déployèrent la discipline. Celle-ci continuera à se développer autour de la capitale, dans la ville de ses origines, Osaka, et à Nagoya. De nos jours le Nippon Kempo est enseignée dans plus de 150 universités pour plus d’une centaine de dojo. De plus, il fait partie du programme des méthodes d’entrainement de la police et de l’armée japonaise. On peut d’ailleurs noter que Sawayama senseï participa à la mise au point de la méthode de combat de la police japonaise, le Taïhojutsu. Tout cela pour plus de 30 000 pratiquants au Japon répartis dans 3 écoles : la Nippon Kempo Kyokai, la Nippon Kempo Renmei et la Nippon Kempo Kai.

Fondateur du Nippon Kempo : Sawayama Senseï

  • Philosophie

En tant qu’art martial, le Nippon Kempo développe l’esprit de ses pratiquants et est attaché à une certaine philosophie définie par Sawayama lui même dans son ouvrage « Nippon Kempo ». Elle se veut basée sur la connaissance du monde qui nous entoure et sur la compréhension des principes de relation entre les choses : c’est ainsi que l’équilibre entre le corps et l’esprit peut être trouvé, conformant amour, sagesse, courage et santé. Son enseignement s’appuie sur la pratique du combat pour assurer l’expression de son corps et de sa pensée dans l’action. Une philosophie qui classe donc le Nippon Kempo dans les « Shin Budo » (nouveau budo dont l’objectif premier est le développement personnel et non l’efficacité guerrière).

  • Armure

La caractéristique majeure du Nippon Kempo réside sans doute dans son armure : celle fut fut adoptée dès 1934 afin de pouvoir pratiquer dans des conditions plus proches de la réalité. Inspirée, et donc très proche de l’armure utilisée au Kendo, elle répond à une réelle nécessité de protection afin de ne laisser place à aucune retenue dans les coups. C’est d’ailleurs l’armure de Nippon Kempo qui inspirera par la suite celle du taïhojutsu, toujours utilisée aujourd’hui par les forces de police japonaises.

L’armure est composée d’un casque, le MEN, d’une cuirasse, le DO, de gants, GUROBU ( de l’anglais « glove »), d’une coque protectrice aux parties, MATA ATE et, en fonction des écoles, de chaussons. Le Kempogi est aussi assez particulier, outre le modèle très simple basé sur celui utilisé au Karate, il existe deux type de kempogi avec un rembourage au niveau du torse et des épaules, l’un qui n’est pas ouvert à l’avant et qui s’enfile comme un pull, et un autre, ouvert à l’avant.

Nippon Kempo - Bogu

  • Compétition

Il existe 3 formes de compétition : Katas, Kuu Rangeki (attaques vides) et Jitu Rangeki (attaques pleines ou full contact).

La compétition de combat, se déroule soit en équipe soit en individuel, sur une surface circulaire (kempo hoen) ou dans un carré de 9 à 11 mètres de long. Le vainqueur est le combattant qui a comptabilisé le plus de points (ippon) lors des 3 minutes de combat réglementaires. Dans les cas d’égalité, les arbitres peuvent prolonger le combat sur 2 minutes supplémentaires, et si les combatants restent à égalité à l’issu de ce temps supplémentaire La règle de la « mort subite » s’applique, la victoire est remportée par le premier point marqué. Lors des compétitions en équipe (de 3, 5 ou 7 personnes), tous les participants s’opposent en une série de matchs individuels et l’équipe ayant remporté le plus de victoires l’emporte. En cas d’égalité, ce sont les capitaines de chaque équipe qui s’affrontent pour décider du vainqueur.

En Jitu Rangeki, le point est accordé lorsque le coup porté est suffisament puissant, c’est à dire, porté avec une assise suffisante, en général, les deux pieds au sol est un critère important. Le Kiaï (cri « énérgetique ») est lui aussi obligatoire, il peut être lancé simultanément à la frappe, ou sur le retour. Le point peut aussi être accordé sur une technique de luxation ou de strangulation, lorsqu’il est évident que la technique appliqué est suffisament bien faite pour marquer la fin d’un combat en situation réel. Ces régles sont particulièrement importante car elles démontrent parfaitement l’esprit du Nippon Kempo, soit, l’esprit du « coup décisif », très important dans les arts japonais traditionnels (provenant historiquement des arts du sabre, ou une coupe était généralement mortelle).

– La compétition jitu rangeki est la forme de combat de full contact. En armure. Tous les coups sont portés et toutes les techniques de nippon kempo autorisées. D’une durée de 3 min, le vainqueur du combat est celui qui aura marqué le plus de Ippon (coup porté avec puissance et précision)

– La compétition Kuu Rangeki (sans contact) est une forme de combat ou les coups ne doivent pas être portés. Sans armure, d’une durée de 3min, seules les techniques de frappe de pieds et de poings sont autorisées. Le combattant ayant marqué le plus de points sort vainqueur.

– La compétition de kata (enchainement de techniques) s’éxécute seul, à 2, 3 ou 4 participants. Le pratiquant est jugé d’une part sur la réalisation technique, mais également sur le principe fondamental qu’il doit retranscrire.

Les vidéos de compétitions que vous verrez dans la seconde partie sont de type « jitu rangeki », soit, combat en plein contact.



A suivre dans la seconde partie : Nippon Kempo – Les écoles Kyokaï & Renmeï en France et au Japon




  • Sources & ressources sur Internet :

www.nippon-kempo.jp – Ressources Nippon Kempo Kyokai

www.nippon-kenpo-renmei.org – Site officiel Nippon Kempo Renmei

www.nipponkempo.gr.jp – Site officiel Nippon Kempo Kai

Les documents fournis par les trois grands groupes français on également servis à la rédaction de cet article, le dojo de Sainte Marguerite (Renmei), (l’ancien site de St Marguerite), l’UFNKR (Renmei), et l’UFNK (Kyokai). N’hésitez pas à consulter leurs sites pour plus d’information, et pour savoir si un club existe près de chez vous !




 
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3 réponses

  1. Thierry

    Bonjour,
    J’habite Tokyo mais je ne parle pas japonais. Savez-vous où je pourrais trouver un club de Nippon Kempo entre Hiroo où je travaille et Tsukiji où j’habite ?
    Merci beaucoup de votre aide.

  2. Bonjour,
    C’est une question difficile car la majorité des clubs sont au sein même des universités. Je vous conseille plutôt de vous tourner vers l’une des associations française. Les dirigeants se rendent régulièrement au Japon et devrait pouvoir vous orienter en fonction de votre situation.
    Vous pouvez contacter l’UFNK ici par exemple (en général, ils répondent rapidement).

  3. Bonjours je m’appelle Stéphane Vandini je suis enseignant de Nippon Kempo, je pratique ce sport depuis 1985, j’ai actuellement le grade de 5D et je suis également vice-président de l’association Nippon Kempo France « ANKF ».

    Je viens de faire éditer le 1er livre Français sur l’art martial le Nippon Kempo.

    Pour le commander Edilivre

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