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Comment Choisir Son Shinai de Kendo

Publié le 13 octobre 2015 par Jordy Delage dans Comparatifs, Equipements, Kendo

Choisir son Shinai de Kendo

Taille, épaisseur, poids, bambou, carbone, etc.


Si choisir son Shinai est une chose simple pour un débutant (classique et pas trop lourd), c’est une tâche plus ardue pour un pratiquant confirmé ayant besoin d’un outil qui soutient ses axes de travail. Le poids, l’équilibrage, le type de bambou (ou carbone) va beaucoup influer sur le comportement du Shinai et par conséquent tant sur les qualités développées à l’entrainement que sur les possibilités en Shiai.


De gauche à droite : Shinai classique, Bio, Madake et Dobari

De gauche à droite : Shinai classique, Bio, Madake et Dobari



BudoExport vous propose tous les types de Shinai en bambou et en carbone à l’exception du Kobangata qui n’est disponible qu’en carbone. En effet, tous nos Shinai Keichiku et Madake proviennent de chez KuSakura, leader japonais dans la fourniture d’équipement d’arts martiaux, et KuSakura ne propose pas ce modèle.

Rappel : Les différentes parties du Shinai

Le Shinai était originellement fabriqué en Bambou (Take) Madake du Japon, puis, plus tard, en Keichiku du Japon et de Taiwan (pour des raisons d’approvisionnement, mais aussi pour des raisons techniques). Un Shinai est composé globalement de 3 parties : la Tsuka (poignée), le Do (corps, partie large au dessus de la tsuba), et le Monouchi (1/3 supérieur). La peau de cuir recouvrant la tsuka est le tsukagawa (peau de tsuka). La garde est appelée tsuba, et la bague de maintien en caoutchouc s’appelle tsubadome. Le fil permettant de tenir l’ensemble et de maintenir la tension entre les lattes de bambou s’appelle Tsuru, il est maintenu à sa base (coté tsuba) par le komono (petite pièce – facultative), au milieu par le nakayui (noeud central) et en haut par le sakigawa (peau du bout). Les nœuds du bambou sont appelés fushi (on leur donne parfois une signification, mais à l’origine, il n’y en avait pas). Le 1/4 supérieur entre le nakayui et le sakigawa est nommé datotsubu, c’est avec cette partie qu’il faut toucher pour que la coupe soit valide (point accordé).

Schéma Shinai


Les matériaux

Le Shinai est généralement en bambou Keichiku ou Madake, mais il peut également être en carbone. Si toutes les formes/tailles ne sont pas disponibles dans toutes les matières, le choix de celle-ci va déterminer la flexibilité et la durée de vie du Shinai. On commencera donc par choisir son Shinai par le matériau qui le compose.

Bambou : Keichiku ou Madake ?

Keichiku et Madake désignent des espèces de bambou bien précises qui se ressemblent, toutes deux de la famille des Poaceae, sous-famille Bambusoideae, tribu Bambusaeae Shibataeinae. Seul le dernier sous-genre, appelé espèce, diffère, P. bambusoides pour le Madake et Phyllostachys makinoi pour le Keichiku. Malgré leurs ressemblances, deux grandes caractéristiques les séparent. Le Madake a un diamètre moyen de 10 à 15 cm pour une taille de 15 à 22 m (d’où son surnom de bambou géant), alors que le Keichiku ne dépasse pas les 9 cm de diamètre pour 18 m de haut. La seconde caractéristique, portant bien plus à conséquence dans la fabrication de Shinai est le rapport flexibilité/résistance. Le Madake est plus solide, mais moins flexible, rendant le Shinai plus résistant dans le temps, mais absorbant moins les impacts alors que le Keichiku est plus souple, mais en conséquence, moins solide. Si le Keichiku est natif de la région de Taiwan alors que le Madake semble plus spécifique au Japon, on trouve aujourd’hui du Keichiku au Japon (BudoExport en avait dans son jardin), et du Madake à Taiwan ou en Chine continentale. C’est alors le processus de séchage du bois et de fabrication du Shinai qui va faire une grande différence. Un Keichiku séché et fabriqué au Japon, dans la tradition japonaise sera probablement plus résistant qu’un Madake fabriqué à Taiwan. En effet, les bambous de Taiwan (nous écarterons la Chine continentale qui ne fait vraiment pas de Shinai de bonne qualité) sont séchés en machine, ce qui a tendance à atténuer les qualités de résilience des fibres. Cela étant dit, aujourd’hui, plus de 90% des Shinai utilisés au Japon sont des Keichiku de Taiwan. On admet donc une excellente qualité moyenne pour les Shinai Keichiku et un excellent rapport prix/durabilité.

  • Keichiku : Souplesse maximale, solidité moyenne.

Bambou Keichiku Shinai

  • Madake : Souplesse moyenne, solidité maximale. (reste plus souple que les Shinai carbone cependant)

Bambou Madake Shinai

Le cas des Shinai Bio (fumé)

Nommé en raison de l’aspect sombre (fumé) et de son odeur résineuse, le Shinai Bio est conçu à partir de bambou Keichiku. Un traitement thermique consistant en un chauffage à basse température pousse la résine se trouvant au coeur du bois à ressortir et à combler les espaces alvéolaires du bambou. Cela a pour conséquence une augmentation significative de la résistance du Shinai en sacrifiant en partie sa souplesse. Un peu plus rigide qu’un Shinai Keichiku classique, mais tout de même plus souple que les Shinai en carbone, les Shinai Bio ont pour énorme avantage d’extrêmement bien résister à l’humidité et aux changements de température. Si cela peut être considéré comme peu utile en France, c’est un avantage considérable dans un pays comme le Japon où le taux d’humidité atteint 80% l’été (pour 35 à 40°C) et chute à 20% l’hiver. Attention, Bio ne signifie absolument pas « Biologique », ou « Ecologique », ou encore « Ecofriendly » comme on peut le lire parfois. Il n’y a aucune notion relative à l’écologie dans le processus de fabrication.

Shinai Bio (fumés)

Le cas du Shinai Carbone :

Le Shinai Carbone est très particulier. Conçu par l’entreprise de haute technologie Hasegawa, en parallèle de ses activités dans l’industrie Chimique en raison de la passion de son dirigeant pour le Kendo, ceux-ci sont conçus d’un savant assemblage d’un cœur en bambou recouvert de fibres de carbone et renforcés par un polymère synthétique. Les Shinai carbone ne font pas d’écharde, le polymère extérieur s’abime petit à petit, mais comme du plastique qui s’enfonce, ce qui permet d’éviter l’entretien classique, rabotage, ponçage, huilage. Si les Shinai carbone sont 10 fois plus solides et durables que les Shinai en bambou, ils sont en revanche plus rigides et absorbent moins les vibrations. Ils ne permettent pas d’utiliser efficacement le retour de force pour optimiser la vitesse de frappe. En général, nous les conseillons pour l’entrainement en raison de leur durabilité, mais en compétition, ils ne pourront satisfaire que les pratiquants ne travaillant que quasi exclusivement sur les ouvertures et n’utilisant pas de « fausses frappes » ou de « frappes molles » pour profiter du retour de force. Ils sont également déconseillés aux débutants dont le développement musculaire ne sera pas suffisant pour absorber les vibrations sans causer (sur le long terme) de légers dommages aux articulations.

Shinai Carbone Hasegawa

Les différentes formes du Shinai

Il existe principalement 5 formes de Shinai, dont certaines sont combinables : Classique, Dobari, Jissengata, Kotogata (ou Chokuto) et Kobangata.
La forme du Shinai a un énorme impact sur le type de pratique et sur l’éventail technique auquel on aura accès en compétition. Généralement, on choisit son Shinai de Kendo en fonction de son style de pratique.

  • Classique : le shinai classique s’oppose au Jissengata par le fait qu’il s’agit d’une forme optimisée des Shinai ancien (Kotogata). Petit à petit, le corps (Do) du Shinai s’est épaissi, et l’équilibre a été descendu sur la Tsuka, de manière à obtenir un Shinai équilibré, optimisé pour la pratique et la compétition. Sans particularité, le Shinai classique est considéré comme le parfait équilibre en vitesse, puissance et flexibilité.
  • Dobari : littéralement « Do » le corps (tronc) et « Hari », étiré/élargi, correspond à un corps plus large qu’un Shinai classique, déplaçant le centre de gravité vers la tsuka. Permet un travail en vitesse contre une légère perte de puissance.
  • Jissengata : littéralement « forme pour le combat réel », la forme Jissengata est proche du Dobari avec un corps large, mais avec en plus une pointe plus fine. L’allégement de la pointe permet de redescendre encore plus l’équilibre sur la tsuka, et favorise le travail de vitesse au détriment de la puissance (souvent considéré comme handicapant par son manque de puissance et l’absence de retour de force après la frappe, c’est un shinai « d’expert »).
  • Kotogata (aussi appelé Chokuto) : littéralement « forme ancienne », correspond aux premiers Shinai fabriqués, non optimisés pour l’équilibre. Avec une épaisseur équilibrée sur l’ensemble du Shinai, la distribution du poids est uniforme, et l’équilibre général se trouve vers son centre. Ces Shinai sont généralement appréciés des enseignants de haut niveau qui s’appuient plus sur le contrôle du Kensen que sur leurs qualités physiques.
  • Kobangata : Se réfère à la forme de la tsuka (poignée), en forme de Koban, une ancienne pièce de monnaie japonaise de forme ovale. Un grip ovale et donc plus large, permet une meilleure saisie du Shinai, en revanche, cela redescend significativement l’équilibre sur la tsuka. Il est en général plutôt destiné aux pratiquants ayant de grandes mains et ayant besoin d’une meilleure prise sur la tsuka.

On trouve aussi également fréquemment les combinaisons :

  • Dobari Jissengata : correspond en réalité à un Jissengata (qui, comme expliqué plus haut, reprend déjà la forme de base du Dobari).
  • Dobari Kobangata : avec un corps large et une tsuka épaisse, l’équilibre est fortement porté sur la tsuka, et la prise en main est très solide. Ce sont généralement les Shinai les plus lourds. La plupart des Shinai Kobangata sont en Dobari en raison de l’équilibrage.

Tableau récapitulatif des différentes formes (équilibrage, utilisation recommandée).

PhotoModèleÉquilibreType de travailInconvénientsExemple technique
Shinai Classique MadakeShinai ClassiqueSur le Do (corps)Tout Style de pratique classique, sans « personnalité »Toutes techniques.
Shinai DobariShinai DobariSur le tsuba (sous le Do)VitesseLégère perte de puissanceFrappes rapides.
SoonShinai  JissengataSur la tsuka (poignée)Haute vitesseGrande perte de puissance, peu de retour de forceFrappes très rapides, type koteuchi
Shinai KotogataShinai KotogataVers le centrePrise du centreLentContrôle du Kensen.
Travail très technique.
Shinai KobangataShinai KobangataVers le Do (corps)Saisie puissante de la tsuka Généralement un peu lourd.Travail de précision

Le montage du Shinai

Le choix des pièces pour le montage a peu d’incidence sur la pratique, tant que le Shinai est bien monté. La pièce la plus importante est sans conteste le Tsukagawa, la peau recouvrant la poignée. Celle-ci peut être en lin (entrée de gamme), ou plus généralement, en cuir tanné. Elle peut être cousue à la machine ou à la main, avec une couture simple ou une couture double. Le type de couture a peu d’incidence sur le maniement du Shinai, et si les coutures doubles sont plus durables, la différence avec une couture classique est peu flagrante.
A noter que les pièces de cuir sont généralement utilisées à l’envers, face tannée sur le bambou, de manière à favoriser la tenue de la pièce.

Tsukagawa avec Gin

Le poids et la taille du Shinai :

Si le poids du Shinai a beaucoup d’incidence sur la technique, dans la pratique, vous n’avez pas vraiment le choix puisque le poids est déterminé par les normes de compétition. Vous pouvez éventuellement prendre un Shinai plus lourd, mais ces Shinai sont très rares (hors modèles pour suburi) puisqu’ils rendent la pratique beaucoup plus difficile et engendrent un énorme désavantage en compétition.

La taille du Shinai est également déterminée par les normes de compétition, cependant, contrairement au poids qui est fixé en poids minimum, la taille est fixée en taille maximale. Vous êtes donc libre d’utiliser un Shinai plus court. Si cela est possible pour les Kendoka de petite taille, de manière à ne pas déséquilibrer les frappes, il semble évident que plus le Shinai est long, plus il est facile de toucher, et cela surtout si le pratiquant d’en face à un Shinai long…
De fait, 95% des hommes utilisent un Shinai de taille 39, et une large partie des femmes un Shinai de taille 38 (on trouve également un certain nombre de taille 37 au Japon, mais les occidentales ont tendance à être plus grandes, ce cas sera plus rare. A l’inverse beaucoup de femmes occidentales utiliseront une taille 39).
Il est important de faire la distinction entre l’entrainement, où un Shinai un peu plus court peut être adapté en fonction de la morphologie du pratiquant (notamment pour les débutants) et le Shiai / compétition où il est difficile de se passer d’un Shinai de la taille maximale autorisée.

Tous les Shinai proposés par BudoExport sont aux normes de compétitions, selon le tableau ci dessous.

SexeJunior
– 15 ans
Ado
15 à 18 ans
Adulte
18 ans +
LongueurHomme
Femme
Taille 37 max
(Inf. 114 cm)
Taille 38 max
(Inf. 117 cm)
Taille 39 max
(Inf. 120 cm)
 PoidsHommeSupérieur à 440 gSupérieur à 480 gSupérieur à 510 g
FemmeSupérieur à 400 gSupérieur à 420 gSupérieur à 440 g

Éviter les mauvaises habitudes :

Vous pourrez être tenté de choisir un Shinai pour son apparence, ou encore, pour ce qu’il représente (vive la tradition, je prends un Kotogata !), mais le choix du Shinai ne doit pas reposer sur ce que vous aimez ou pensez aimer. Au contraire, vous devez choisir votre Shinai en fonction de votre pratique, et de vos qualités et défauts physiques et techniques.
Par exemple, vous pouvez être tenté de prendre un Jissengata pour pousser votre vitesse à son maximum, mais la légèreté de ce type de Shinai va vous pousser à frapper toujours plus vite, au détriment de la précision et de la prise du centre. Cela va déséquilibrer votre technique et à force de mauvaises habitudes, vous désavantager sérieusement en shiai.
Dans la logique inverse, si vous avez tendance à trop pousser en vitesse et ne pas travailler la précision et la prise du centre, travailler un peu avec un Kotogata va vous obliger à réduire votre vitesse, améliorer votre précision, et votre contrôle du centre.



Shinai classique, Fumé, Dobari et Madake
Bref, le Shinai n’est pas qu’un outil pour supporter votre technique, mais surtout un outil pour vous aider à corriger vos défauts et équilibrer votre technique.

 

Un mot sur les labels qualités

Au Japon, il n’existe que deux labels, le label SSP et le label SG. Ces labels sont très différents dans leur essence.

En effet, le label SSP, Shinai Safety Promotion, mis au point par la fédération des fabricants de matériel d’arts martiaux du Japon (Zen Nihon Budogu Kyodo Kumiai) en collaboration avec la fédération japonaise est un label technique qui garantit l’homologation du Shinai en compétition. Les Shinai sont contrôlés méticuleusement, tant en terme de sécurité et de qualité qu’en terme de normes techniques (densité, dimensions, etc.)

Le label SG, Safe Goods, est un label de ‘qualité’ beaucoup plus large. Il ne concerne pas uniquement le matériel d’arts martiaux mais tout produit potentiellement dangereux vendu sur le marché japonais. Mis en place par le gouvernement et l’association de protection des consommateurs, ce label garantit, dans chaque domaine, un niveau de qualité minimum garantissant l’usage du produit dans des conditions de sécurité raisonnables. Les Shinai SG peuvent généralement être utilisés en compétition au Japon et sont parfaitement autorisés dans toutes les compétitions en Europe. En revanche, leur conformité n’est pas garantie par le label (rapport poids/taille par exemple). Les Shinai KuSakura proposés sur BudoExport sont tous garantis utilisables en compétition, mais si certains disposent du label SSP, d’autres ne dispose que du label SG.

Les labels AA, AAA, AAAA, ne sont pas reconnus au Japon. Ces labels ont été inventés par les fabricants et revendeurs de matériel Chinois de faible qualité pour distinguer la qualité du bambou utilisé. Nous n’en savons pas beaucoup plus au sujet de ces labels, mais on peut supposer que le AAAA est meilleur que les autres… peut-être d’une qualité équivalente à certains Shinai japonais. Cela étant dit, compte tenu de la dangerosité d’un Shinai de faible qualité, nous déconseillons l’achat de ce type de Shinai sur internet. Si vous voulez un Shinai bon marché de ce type, allez en boutique, et vérifiez vous même sur place la qualité du bois pour vous assurer qu’il ne présente aucun risque.

Shinai avec label SSP


En conclusion

En conclusion, il est important de rappeler que cet article n’est qu’un guide de référence technique sur les Shinai. La sensation réelle du Shinai en main peut varier significativement d’un pratiquant à l’autre en fonction de sa forme de corps et de ses préférences techniques. Avant de choisir une forme ou un modèle, il ne faut pas hésiter à essayer les Shinai de vos sempai, peut-être trouverez vous votre bonheur. Un bon Kendoka essayera chaque type de Shinai dans diverses situations avant de trouver celui qui lui permet de vraiment s’exprimer techniquement. En bref, choisir son Shinai est quelque chose de personnel, qui dépend de chaque pratiquant.


 
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Une réponse

  1. Je n’ai jamais vu un site avec des explications aussi intéressantes ! Bravo et merci pour ces informations 😉

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