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Choisir son Bokken : Taille, poids, forme, bois, …

Publié le 4 juin 2015 par Jordy Delage dans Aikido, Comparatifs, Equipements, Kendo, Kobudo

Choisir son Bokken

Taille, épaisseur, poids, bois, etc.


Si choisir son Bokken est une chose aisée pour un débutant, c’est une tâche plus ardue pour un pratiquant confirmé ayant besoin d’un outil qui soutient ses axes de travail. Le poids, la longueur, l’essence de bois utilisé, mais aussi la courbure et l’épaisseur du Bokken vont jouer un rôle déterminant sur le comportement de l’arme pendant la pratique. Passons en revue tous ces éléments.
La lecture de l’article Le choix du bokken en Aikido – Guide détaillé & Etudes de cas est fortement recommandée pour un cheminement d’un point de vue plus pratique et 4 études de cas.


Bokken Koryu - Yagyu, Iwama, Keishi

De gauche à droite : Yagyu Ryu, Iwama Ryu, Keishi Ryu



Chez BudoExport/Seido, nous avons pris le parti de mettre en avant la forme générale du Bokken avant tout. Les essences de bois relativement similaires sont présentées sur la même fiche et les essences de bois modifiant significativement les caractéristiques de l’arme sont présentées sur une fiche séparée.
En effet, nous pensons que le plus important est d’abord de choisir la forme de l’arme. Vous choisissez ensuite le bois qui correspond à vos attentes en terme d’essence de bois et de résistance.


La longueur du Bokken

Même taille pour tout le monde ?

La longueur du Katana ou du Iaito doit être adaptée à la taille du pratiquant, on peut imaginer qu’il en est de même avec le Bokken. Si c’est bien le cas dans certaines écoles traditionnelles de Kenjutsu, c’est très rarement le cas dans la plupart des arts pour deux raisons. La première, évidente est qu’il est très compliqué de faire du sur mesure pour tout le monde et la seconde, fait référence à la nature du travail du Bokken impliquant souvent une distance miroir identique. En effet si deux pratiquants disposent d’armes de longueurs différentes, la distance n’est alors plus la même entre le point de rencontre/contact des armes et le pratiquant. Ce qui entraine de facto une modification de la technique or, le travail des armes repose sur des Katas précis devant être reproduits à l’identique par tous les pratiquants.

Par ailleurs dans les disciplines compétitives comme le Kendo, la longueur de l’arme peut apporter un avantage ou un désavantage en compétition. Donc, nous avons une règlementation spécifique lors des compétitions. Pour adapter de manière globale l’arme à la taille du pratiquant, on va trouver des longueurs différentes selon l’âge et le sexe. Il s’agit de normes globales, puisqu’un homme peut être plus petit qu’une femme et pratiquer avec une arme plus longue. Cependant lors des compétitions, il faut mettre en place des normes afin d’égaliser les chances.
Notez qu’en Kendo, l’arme de compétition est le Shinai (bien plus résistant à l’impact et moins dangereux que le Bokken). Le Bokken utilisé en Kata sera lui de la même taille pour tout le monde, puisqu’il s’agit alors d’une pratique de Kata.

L’ Iaido repose aussi essentiellement sur le Kata, le sabre va avoir une longueur adaptée au pratiquant. La raison est très simple, certaines techniques de coupe et surtout la sortie du sabre du saya (fourreau) ne sont pas réalisables avec un sabre trop long,

Ou longueur adaptée ?

Malgré une longueur globalement harmonisée pour chaque art, il existe tout de même quelques Koryu qui adaptent la longueur des armes au pratiquant.
En général, ces écoles pratiquent avec l’utilisation du Bokken comme arme à part entière ou sur l’utilisation du sabre dans le cadre plus du combat sur le champ de bataille que du kata (duel). Ces Koryu sont en général plus anciens que les écoles orientées sur le kata, moins orientées sur le duel (kata), mais plus sur le champ de bataille, ils ont moins subi l’influence de l’ère Edo la période de paix. C’est le cas par exemple de l’école Jigen Ryu fondée au 16e siècle, elle est connue pour l’emphase mise sur l’importance de la première attaque.

Cela étant dit, une longueur de sabre adaptée au pratiquant peut tout à fait s’envisager dans la pratique de l’Aikido, du Jodo, ou de certaines autres écoles. Dans le cadre notamment d’une recherche spécifique, une fois que les kata sont maitrisés pour casser le principe de distances fixes et donc pousser le pratiquant à améliorer ses capacités d’adaptation à des situations différentes.

La réponse est donc finalement assez simple : si votre enseignant vous propose un Bokken adapté à votre taille, il a ses raisons et son travail est ajusté en conséquence. Si vous avez atteint un certain niveau de pratique et souhaitez développer d’autres qualités que celles purement développées par le Kata, alors là également un Bokken de longueur adaptée se justifie (plus long en général, les Bokken étant relativement courts pour les pratiquants occidentaux).

Les différentes longueurs des Bokken classiques et stylisés (Koryu)

ModèleLongueur totaleLongueur lameLongueur Tsuka
Chuto (enfant)90.5 cm68 cm22.5 cm
Bokken Standard/Supérieur101.5 cm75.5 cm26 cm
Bokken Iwama103 cm76 cm27 cm
Bokken Iwama Takemusu101.5 cm75 cm26.5 cm
Bokken Niten Ichi Ryu101.5 cm76 cm25.5 cm
Bokken Yagyu Ryu101.5 cm75.5 cm26 cm
Bokken Yagyu Shinkage Ryu101.5 cm73.5 cm28 cm
Bokken Jiki Shinkage (fin)101.5 cm77 cm24.5 cm
Bokken Jiki Shinkage (lourd)101.5 cm75.5 cm26 cm
Bokken Kashima Shinto Ryu106 cm78 cm28 cm
Bokken Kashima Shin Ryu104.5 cm78 cm26.5 cm
Bokken Katori Shinto Ryu97 cm70 cm27 cm
Bokken Shinto Ryu101.5 cm77.5 cm24 cm
Bokken Jigen Ryu*101.5 cm75.5 cm26 cm
Bokken Hokushin Itto Ryu106 cm76 cm30 cm
Bokken Itto Ryu98 cm73.5 cm24.5 cm
Bokken Keishi Ryu101.5 cm73 cm28.5 cm

* Longueur variable selon le pratiquant, utilisé en 101.5 cm « standard » jusqu’à ce que le pratiquant se procure une longueur adaptée.

Notez que le rapport longueur lame/longueur tsuka peut varier très légèrement d’un artisan à l’autre. Cela en raison du fait que nombre d’écoles sont scindées en sous-groupes régionaux ayant parfois leurs propres petites spécificités et commandant souvent dans des ateliers différents.


Le poids de l’arme

L’épaisseur et le poids de l’arme jouent un rôle majeur dans l’utilisation qui en est faite. C’est même probablement le point le plus important au-delà même de la longueur du Bokken.
Il est en effet plus difficile d’être précis avec un Bokken léger qu’avec un Bokken lourd. Un modèle léger permet un travail en finesse, en précision et en vitesse.

À l’inverse, un Bokken épais est beaucoup plus facile à manier en précision à condition d’avoir l’entrainement physique (tanren), il est donc nécessaire d’avoir la force pour le manier correctement.

Ainsi, il est très fréquent de voir des jeunes maitres débuter avec des Bokken très épais ou pratiquer beaucoup de Suburi avec un Suburito. Puis, ils se dirigent peu à peu vers des modèles plus fins pour un travail plus précis. Ce fut d’ailleurs le cas du fondateur de l’Aikido Morihei Ueshiba, qui a travaillé longtemps avec un Bokken épais et lourd (proche du modèle Iwama Ryu actuel) puis, est passé sur un modèle plus fin les 20 dernières années de sa vie (qui semble être soit un modèle Yagyu Ryu ou un modèle Jiki Shinkage Ryu Naginata yo).

L’épaisseur du Bokken

Si à l’origine chaque modèle dispose d’une épaisseur spécifique, le choix de l’épaisseur à la conception de l’arme servait à ‘régler’ le poids moyen du Bokken et son équilibrage. Le bois a un impact non négligeable sur le poids du Bokken, le poids moyen obtenu avec du chêne blanc pourra tout de même varier significativement en fonction du bois choisi.

On donne généralement l’épaisseur à la base de la tsuka (poignée) (tsukagashira, ou tsukajiri), cette épaisseur va déterminer l’épaisseur de l’intégralité de l’arme (en lien avec le mine, voir chapitres suivants). Cependant, il existe bien certains modèles pour lesquels une épaisseur spécifique de lame est déterminée indépendamment du reste de l’arme. Mais ces modèles sont très peu nombreux.

L’épaisseur aura également un rôle très important sur le tenouchi ou « saisie » du Bokken. En effet, plus la tsuka est épaisse (plus le Bokken sera lourd) et plus il faudra de force pour le tenir. À l’inverse, un Bokken très fin est plus difficile à prendre en main.


Les différentes épaisseurs des Bokken classiques et stylisés (Koryu)

ModèleEpaisseur TsukaPoids en chêne blanc
Chuto (enfant)35 x 25  mm500 g
Bokken Standard/Supérieur37 x 26 mm600 g
Bokken Iwama38 x 28 mm700 g
Bokken Iwama Takemusu39 x 29 mm750 g
Bokken Niten Ichi Ryu33 x 20 mm330 g
Bokken Yagyu Ryu30 x 22 mm400 g
Bokken Yagyu Shinkage Ryu34 x 24 mm550 g
Bokken Jiki Shinkage (fin)29 x 21 mm360 g
Bokken Jiki Shinkage (lourd)44 x 39 mm1300 g
Bokken Kashima Shinto Ryu38 x 30 mm880 g
Bokken Kashima Shin Ryu38 x 30 mm1,000 g (avec tsuba bois)
Bokken Katori Shinto Ryu38 x 27 mm620 g
Bokken Shinto Ryu*34 x 24 mm
36 x 22 mm
500 g
580 g
Bokken Jigen Ryu40 x 29 mm740 g
Bokken Hokushin Itto Ryu39 x 29 mm900 g
Bokken Itto Ryu41 x 31 mm680 g
Bokken Keishi Ryu40 x 30 mm780 g

* il existe un modèle dit « léger » principalement pour les femmes, et un modèle « lourd » pour les hommes.

Attention, les poids sont très variables selon le bois utilisé et les époques de l’année. Nous avons jusqu’à 10 à 15% d’écart par rapport aux valeurs ci-dessus.

On a alors tendance à classer ces armes en 4 catégories : fin, standard, épais et extra-épais.


La courbure, ampleur et position

La courbure a un impact important sur l’équilibrage et sur la maniabilité du Bokken. Par ailleurs sur un Bokken comme sur un Katana, la courbure a principalement un rôle d’amortisseur d’énergie et renforce significativement la résistance de l’arme à l’impact. Dans le cas du Katana cela améliore aussi l’angle de coupe facilitant la découpe.

La plupart des pratiquants même d’un certain niveau ne seront pas capables de faire la différence entre deux Bokken classiques de deux ateliers différents, qui auront un foyer de courbure très légèrement décalé et une différence d’amplitude de 1 ou 2 mm. À ce niveau-là, la courbure a peu d’impact.

En revanche, il existe de nombreux modèles ayant très peu de courbure et quelques modèles avec des courbures très importantes. Une faible courbure rend les frappes et les mouvements en général plus directs et plus précis. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle la plupart des écoles proposant des Kata Bokken vs Jo ou Bokken vs Naginata, elles vont adopter des armes légères et peu courbées, voire quasiment droites avec pour objectif de compenser la différence de longueur des armes par la vitesse et la précision.
À l’inverse, certaines écoles se focalisent sur la puissance telle que l’école Kashima Shin Ryu, qui vont proposer des sabres lourds et droits afin de repousser l’équilibre au maximum vers le Kissaki (pointe). Ainsi elles se rapprochent de la sensation du Katana.

Une sori « classique » d’environ 25 mm permet un bon compromis entre maniabilité, équilibrage, et résistance à l’impact. D’où, le choix de cette amplitude pour les Bokken dit « standard ».

Les différentes courubres des bokken

La position de la courbure, koshi sori (proche de la tsuka), Kyo sori (au centre) ou encore saki sori (vers la pointe) va modifier deux paramètres : la puissance et l’utilité de l’angle de coupe. C’est-à-dire qu’avec une sori proche de la pointe, le monouchi (le tiers supérieur de l’arme servant à trancher) sera plus court et il sera nécessaire d’être très précis pour trancher. Une sori centrale correspond à ce que l’on retrouve sur un certain nombre de Katana donnant véritablement 1/3 de la lame pour trancher, et une koshi sori va allonger légèrement le monouchi de quelques centimètres.

L’équilibrage va également être légèrement modifié. Plus la sori est vers la pointe et plus l’équilibre se décale vers la pointe.


Le mine est l’arête supérieure conditionnant la forme de la lame

Contrairement à ce que l’on peut imaginer d’un premier abord, c’est l’un des éléments ayant le plus fort impact sur le poids et l’équilibrage d’un Bokken.
En effet, si les finitions Hiramine et Kenmine sont très proches, les finitions Marumine et Gyo no mine vont fortement modifier l’épaisseur de la lame.
Hiramine : classique
Kenmine : classique, mais avec un tout petit peu plus de poids sur la lame
Marumine : plus de poids sur la partie supérieure de la lame, mais la lame est plus fine globalement et pousse l’équilibre vers le kissaki.
Gyo no mine : affine énormément la lame et utilisé principalement pour des Bokken très légers comme le Niten Ichi Ryu de Miyamoto Musashi.

Les différents types de mine pour Bokken

Le Kissaki, finition de la pointe

L’impact est faible, mais la finition du Kissaki permet de déplacer légèrement l’équilibre également sans modifier significativement le poids global de l’arme.
Sho kissaki : équilibre classique.
Dai kissaki : repousse légèrement l’équilibre vers la Tsuka (cela n’a pas d’impact compte tenu du fait qu’en général, les armes en daikissaki sont en kenmine alourdissant légèrement la lame).
Unokubi : identique au Shokissaki en terme d’équilibrage.
Kendogata : biseauté sur la partie lame, droit sur la partie mine. Cela permet d’alléger significativement le Kissaki et de reporter l’équilibre sur la tsuka.
Kantogata : biseauté sur l’ensemble de l’épaisseur, le résultat est peu ou prou identique au Kendogata.
Iwama ryu (coupé droit) : à l’inverse des coupes précédentes, cette coupe alourdit significativement la pointe, et repousse l’équilibre vers le kissaki.

Les différentes finitions des Kissaki sur Bokken

Vous comprendrez ici pourquoi un Bokken standard en Hiramine va avoir un petit Kissaki, alors qu’un Bokken « supérieur » en Kemine aura un Kissaki plus long. L’un compense l’autre et l’équilibrage d’un Bokken standard est alors peu ou prou identique à l’équilibre d’un Bokken dit supérieur.


Présence d’une gorge, ou bo-hi.

La gorge, reprise des gorges sur les katana, outre le son qu’elle permet de générer à la coupe, a un double impact très important. Cela est représenté par un allégement très important de l’arme et le très fort déplacement de l’équilibre vers la tsuka.
Vous me direz, « pourquoi déplacer l’équilibre vers la tsuka pour des Bokken d’Iaido, puisque l’Iai se focalise sur la pratique avec un vrai sabre ? »
La réponse est très simple, le Kenjutsu se focalise souvent sur le combat au sabre qu’il s’agisse d’un Bokken ou d’un Katana. L’Iai se focalise sur les Kata et pour faciliter le maniement de l’arme, les Iaito comme les Bokken sont fortement équilibrés sur la tsuka. Certaines écoles proposent bien entendu d’autres types de travaux pour s’orienter après vers la coupe.

Bokken - Gorge (bohi)


Et enfin, dans quelle essence de bois ?

Première chose : lisez notre article détaillé sur les essences de bois, nous ne repasserons pas tout le sujet en revue ici.

Seconde chose : un bois solide, résilient, qui marque sans se briser… bref, du chêne japonais, blanc ou rouge. Le bois est l’arme, c’est lui qui fait 80% du travail. c’est-à-dire le poids, l’équilibrage, la transmission de l’énergie, l’absorption des vibrations, etc. Le chêne a également l’énorme avantage de montrer des signes de faiblesse avant de se briser, il s’abime progressivement ce qui permet de détecter les problèmes éventuels et de se débarrasser d’une arme potentiellement dangereuse.
Le bois japonais réunissant le mieux toutes ces caractéristiques est donc le chêne, ou Quercus acutissima de son nom scientifique, même espèce pour la version rouge que pour la version blanche. (En toute honnêteté, le Hon Biwa ou Néflier a de meilleures caractéristiques, mais à 700€ le Bokken qui pourrait le recommander pour la pratique avec contact ? ).

La qualité d’un bois se mesure principalement en 4 facteurs : sa capacité à résister aux impacts, sa densité/gravité, sa stabilité dans le temps, et son comportement à l’impact/destruction.
Ce n’est pas parce qu’un bois est très résistant aux impacts qu’il sera nécessairement intéressant pour fabriquer un Bokken, il faut également une densité suffisante. Ce qui permet d’obtenir un poids raisonnable, mais pas trop lourd et un bon comportement sur le long terme. Et surtout, des fibres relativement longues et flexibles pour que le Bokken se brise dans la longueur de manière peu dangereuse dans le cas où il casserait.

Le Camélia, le Buna, et l’Isu no Ki viennent ensuite avec des caractéristiques significativement moins bonnes en terme de résistance à l’impact et de stabilité dans le temps. Le camélia fait de très belles armes, pour l’offrir en cadeau ou pour la pratique des Kata sans contact. Le Buna et l’Isu no Ki font de bons bois relativement légers pour les Kata également.

Le Murasaki Kokutan (ébène pourpre), le Sunuke, l’ébène asiatique et l’ébène d’Afrique par ordre de densité (poids), sont lourds, massifs, très beaux, idéaux pour les Suburi, mais avec de très mauvaises caractéristiques de résistance aux impacts. Leurs densités les rendent particulièrement solides à première vue, lorsque leurs seuils de résistance sont dépassés, contrairement au chêne qui va plier et continuer à absorber l’impact avant de casser (et casse « progressivement » s’il casse), les bois massifs explosent de manières relativement dangereuses. En revanche, ils ont une excellente tenue dans le temps et peuvent ne pas bouger pendant plusieurs dizaines d’années. Compte tenu de leurs poids et de leurs beautés/raretés (prix), ce sont d’excellents Bokken pour les Suburi et de superbes cadeaux.

Enfin, notez que nous déconseillons fortement l’utilisation au contact de Bokken faits de bois ayant des densités très différentes. En effet, un Bokken en Sunuke même avec une faible force d’impact va marquer tout de suite et profondément un Bokken en chêne détruisant par la même une partie des fibres. Cela déstabilise cette partie du bois à moyen terme (vieillissement accéléré). Un Bokken en ébène d’Afrique risque même de totalement détruire un Bokken en chêne blanc en quelques frappes seulement…


Et moi dans tout ça, je choisis quoi ?

Ce qu’il faut bien comprendre, c’est qu’un Bokken est un outil permettant un travail spécifique. Comme on plante un clou avec un marteau et pas avec une masse, on ne fait pas de l’Iai avec un Bokken Iwama ryu, ou du Kashima avec un Bokken Yagyu Ryu.
En Bref, si vous faites partie d’une école proposant une arme spécifique comme la quasi-totalité des écoles de Kenjutsu alors, prenez le modèle recommandé par votre école ! (on ne vous autorisera de toute manière pas à pratiquer avec un autre modèle.)

Si vous pratiquez l’Iaido, alors vous avez deux choix. Soit un Bokken classique sans gorge, ou bien un Bokken classique, mais avec une gorge. Pour débuter, le Bokken classique est suffisant cela dit, il peut s’avérer lourd et difficile à manier très rapidement. Il est généralement préférable de se tourner vers un Bokken avec gorge avec lequel vous serez plus précis et fatiguerez moins.

Si vous pratiquez l’Aikido (le courant Iwama faisant exception, puisqu’il dispose de son propre modèle) ou n’importe quels autres arts relativement libres sur le choix du Bokken, le choix est plus difficile, mais faisons simple :

Vous débutez ? Alors, prenez un Bokken relativement léger et pas trop fragile (en cas d’accident), en chêne rouge par exemple. Si vous êtes de faible constitution et que vous êtes certains qu’il n’y aura pas de pratique en plein contact dans votre dojo, vous pouvez éventuellement penser à prendre une arme en Isu no Ki. Mais quoiqu’il arrive un modèle classique ! Débuter avec un sabre trop léger ne vous permettra pas de forger votre corps et, un sabre trop lourd causera des dommages corporels à court/moyen terme.

Vous pratiquez déjà depuis quelques années : regardez ce que vos camarades de dojo plus gradés utilisent. Analysez le type de travail que vous faites, est-ce un travail en finesse et précision, focalisé sur le timing, ou un travail plus statique, plus en puissance ? Dans le premier cas, un Bokken léger s’impose. Dans le second, un Bokken plus lourd (mais pas trop lourd, il faut augmenter le poids par étapes pour éviter les traumas, et notamment les tendinites).

Vous pratiquez depuis 10 ou 20 ans ? : alors vous savez très probablement ce que vous attendez de votre pratique, quels sont vos axes de recherches… tous les éléments ci-dessus devraient vous aider à pointer l’arme la plus adaptée à vos besoins.

Et dans tous les cas si vous doutez, n’hésitez pas à nous contacter, via les commentaires ou par email, nous vous aiderons du mieux possible à faire le bon choix.


Quelques réponses à des questions fréquemment posées :

Est-il possible de réaliser un sabre avec le même équilibrage et le même poids qu’un Katana ?
Tout simplement non. Un sabre dispose d’une lame en acier, beaucoup plus dense et lourde que du bois. Compte tenu du fait que sa tsuka est en bois, un sabre est nécessairement équilibré vers la pointe.
Par ailleurs, quel sabre ? Avec ou sans gorge ? Avec quelle courbure ? Quel équilibrage ? Les Shinken, sabres de coupes sont fabriqués sur mesure pour chaque pratiquant. Il n’y a donc rien à « imiter » spécifiquement.

Quel Bokken est le plus solide pour la pratique en plein contact ?
Objectivement… un Bokken en chêne rouge ou blanc est le plus épais possible. Mais la question est inquiétante… un Bokken est un outil pour la pratique dans le cadre des arts martiaux. Si vous tapez assez fort, vous pourrez détruire n’importe quelle arme, qu’elle soit en bois, en fer, en acier, ou en titane. Chaque art enseigne un maniement bien précis et généralement, les armes utilisées sont adaptées à la pratique proposée.

Quelles garanties sur vos armes ?
Aucune, si ce n’est une garantie sur le fait qu’elle soit bien droite.
Connaissez-vous la moindre boutique ou la moindre marque, qui offrirait une garantie sur un produit destiné quoiqu’il arrive à se briser un jour ou l’autre ?
Les Bokken sont en bois. Certains sont plus solides que d’autres, mais le bois est une matière vivante. Sans défaut apparent, il peut avoir des défauts structurels, non visibles et non détectables.
Et le bois vieillit. Il s’assèche, et perd peu à peu ses qualités mécaniques (d’autant plus si il est mal entretenu). Cela peut prendre quelques années à un Bokken de piètre qualité, 10 ou 20 ans pour un bois plus stable dans le temps. Qu’importe son bois ; il finira toujours par fatiguer, perdre ses qualités et éventuellement par casser.
Bien entendu, un bon Bokken « made in Japan » a beaucoup moins de chance de présenter un défaut et de casser qu’un Bokken de moindre qualité fabriqué en Chine ou à Taiwan…




BudoExport Logo Seido Co., Ltd. et son enseigne francophone BudoExport est l’unique entreprise au monde à travailler avec l’ensemble des quatre ateliers traditionnels encore en activité. Notre équipe est composée de pratiquants d’arts martiaux de divers pays et vivant au Japon depuis de nombreuses années, tant pour la pratique martiale que pour la culture et la civilisation japonaise. Nous sommes de véritables passionnés, et nous sommes heureux et fiers de pouvoir vous présenter notre passion.



 
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Une réponse

  1. […] heures avec toutes les armes que je mentionne dans cet article. La lecture de l’article Choisir son Bokken : Taille, poids, forme, bois, … est fortement recommandée pour plus de détails techniques et comparaison des différents […]

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